| FIGAROSCOPE "Le jeune piano plus libéré que jamais" Thierry Hilleriteau (Figaroscope) 11/02/2009 |
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CLASSIQUE. Ils se nomment Bertrand Chamayou, David Bismuth et Edna Stern. Le National de France les convoque au Châtelet pour le Concerto n° 7 pour trois pianos de Mozart. Certes, ces trois-là ne sauraient résumer à eux seuls la richesse de la jeune scène pianistique française. Ils n'en illustrent pas moins la vitalité, et la diversité. Bertrand Chamayou, lui, c'est l'éclectique. Le dévoreur de répertoires, naviguant entre les Études transcendantales de Liszt et le répertoire contemporain. Un pianiste élevé dans l'ébullition musicale de son Toulouse natal, puis couvé sous l'aile attentive de Jean-François Heisser au CNSM de Paris. Sans doute est-il aussi le plus connu des trois, propulsé en 2001 par le concours Long-Thibaud. Cela ne l'empêche pas d'avoir un avis bien tranché sur la question des concours internationaux : « Un modèle qui séduit encore, mais aujourd'hui totalement obsolète car il ne tient pas compte de la diversité du piano contemporain, tant dans le répertoire que la périodicité des instruments. » David Bismuth lui n'est passé par aucun de ces grands concours. Ce qui ne l'a pas empêché de s'imposer, à force de patience, comme l'un des héritiers les plus représentatifs de l'école française. Un piano « haute couture » teinté d'élégance et d'inventivité, comme en témoigne son dernier disque de transcriptions, Bach-ianas (juste paru chez Ame son). La transcription… Elle est au cœur des préoccupations de nos jeunes pianistes. « Il y a dans ce genre à part entière un côté hors du temps : un télescopage hybride de styles et d'époques, qui replace l'émotion au cœur de la musique, hors de toute considération esthétique », explique-t-il. Edna Stern la connaît bien, cette liberté de la transcription. Elle vient de publier chez Zig Zag une relecture des Préludes et fugues de Bach entrecoupés de transcriptions de Busoni. La jeune pianiste israélienne mène aujourd'hui sa carrière surtout en France et en Belgique, mais n'a pas hésité à parcourir des kilomètres pour nourrir son imaginaire. Tel-Aviv, Bâle, l'Italie, Baltimore : autant de pèlerinages, autant de rencontres avec les maîtres Zimermann, Staier ou Fleischer. Difficile, dès lors, de l'associer à une école pianistique. Faut-il encore, d'ailleurs, parler d'écoles ? « Les transports aidant, les frontières entre les diverses écoles pianistiques sont en train de s'effondrer. C'est l'un des principaux bouleversements pour le présent et l'avenir du piano », prévient Bertrand Chamayou. Lang Lang et Lars Vogt
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