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Détails
Parution : 29 janvier 2009 chez Ame SON

 

1 et 2/ Bach/Liszt : Prélude et Fugue a-moll BWV 543 (pour orgue) - 3'08 et 5'26
 
3/ Bach/Saint-Saëns : Ouverture, Cantate Wir danken dir, Gott BWV 29 - 3'57
 
4/ Bach/Kempff : Siciliano, Sonate n°2 BWV 1031 (pour flûte et clavecin) - 3'03
 
5/ Schumann : Fugue sur le thème de B.A.C.H. op. 60 Vif (pour orgue) - 4'52
 
6/ Bach/Busoni : Adagio,Toccata, Adagio et Fugue en ut majeur BWV 564
(pour orgue) - 4'04
 
7/ Bach/Kempff : Choralvorspiel Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ BWV 639
(pour orgue) - 2'50
 
8 / Bach/Busoni : Chaconne, Partita n°2 en ré mineur BWV 1004 (pour violon) - 13'30
 
9/ Bach/Beffa : Aria Erbam dich mein Gott, Passion selon Saint-Mathieu BWV 244 (pour alto) - 6'07
 
10/ Bach/Siloti : Prélude en si mineur, arrangement du Prélude en mi mineur BWV 855a (pour clavecin) - 2'32
 
11/ Villa-Lobos : Aria (cantiga), Bachianas Brasileiras n°4 - 5'04


Durée totale : 54'35

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Articles


Telerama n° 3083 - 14 février 2009

David Bismuth (piano)
B.A.C.H.IANAS et transcriptions

La musique pour clavier de Bach oppose régulièrement les pro-clavecin aux pro-piano. Comme pour le thé (avec sucre ou sans), ou la cuisson des oeufs à la coque (directement à l'eau bouillante ou d'abord à l'eau froide), la réponse peut ne relever que du goût personnel. Mais en bon droit musicologique, le débat est vite tranché.

Pour un Bach dans son jus - c'est-à-dire le texte dans sa vraie texture (harmonique, timbrique, rhétorique) -, il faut cuisiner aux cordes pincées : la jeune génération de clavecinistes français, de Pierre Hantaï à Céline Frisch et Benjamin Alard, s'y entend à merveille. En revanche, si l'on se rappelle que Bach fut l'un des plus actifs transcripteurs de son époque - et d'abord de sa propre musique, la faisant passer d'un instrument solo à un autre ou à l'orchestre entier, d'un genre profane à une page sacrée -, alors oui à la reconversion aux cordes frappées !

Dépassant cette querelle des anciens et des modernes, l'enregistrement passionnant du pianiste français David Bismuth affiche un propos plus ambitieux : suivre, tel un fil rouge, l'écriture de Bach à travers celle de ses transcripteurs, qu'il s'agisse de compositeurs-pianistes (Liszt, Busoni), de pianistes-compositeurs (Wilhelm Kempff, Alexandre Siloti, le cousin de Rachmaninov), ou de créateurs fascinés par la rigueur contrapuntique du Cantor (Schumann tentant sur les lettres du nom de B A C H une fugue plus « bachienne » que nature !).

Chacune de ces transpositions au piano vérifie la règle qu'édictait Arnold Schoenberg, grand transcripteur lui aussi, à la tête de sa société de concerts viennoise : « La composition est au premier plan, l'instrument est seulement pris en compte, et non le contraire. » L'éventail de jubilations déployé par cette anthologie de « Bach revu et corrigé » s'étend du pur plai-sir du texte (Saint-Saëns, à partir de la cantate BWV 29) à l'ivresse renversante de l'écriture (Busoni, sur La Chaconne de la Partita pour violon seul, BWV 1004). Jouant un Stein­way moderne, aussi brillant que profond, David Bismuth y ajoute sa propre touche : la volupté de l'intelligence.

Gilles Macassar




Les récitals Bach au piano sont à la mode depuis quelque temps. S'il vaut mieux ne pas s'attarder sur le CD aussi médiatisé que surévalué d'Hélène Grimaud, l'enregistrement de David Bismuth mérite en revanche le détour.

Après de remarquables CD Franck/Fauré et Dukas/Debussy chez le même éditeur, ce pianiste discret et sensible signe un programme aussi singulier que convaincant. Des transcriptions célèbres de pages de Bach, par Busoni (la Chaconne), Kempff (la Sicilienne), Liszt, etc., forment l'essentiel d'un programme où figure aussi une réalisation récente : un superbe arrangement de l'air "Erbarme dich" de la Passion selon Saint Matthieu par le compositeur Karol Beffa. En regard de ces diverses transcriptions, des originaux de Schumann et Villa-Lobos - en hommage à Bach, forcément ! - montrent le pianiste tout aussi prodigue de couleurs et de lyrisme. Surprendre ou émouvoir ? En poète du clavier, David Bismuth fait aisément son choix : son interprétation sonne vrai.

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