Une sonorité très riche, un jeu lumineux, des interprétations enthousiastes, tels sont les dons de ce pianiste qui a déjà enregistré chez le même éditeur des œuvres de Franck et Fauré.
Ici, le couplage se justifie par la chronologie mais aussi par l’admiration que Debussy éprouvait à l’égard de la Sonate de Dukas et qu’il a exprimée dans sa chronique de la Revue blanche du 15 avril 1901.
Si les interprétations de la musique de Debussy par David Bismuth négligent un peu trop ce qu’il y a d’ombre et de mystère dans celle-ci, d’autres qualités compensent ce qu’on serait tenté de leur reprocher.
Mais il faut d’abord insister sur la réussite que représente ici la Sonate de Dukas, œuvre que Debussy considérait comme « le résultat d’une ardente patience dans l’ajustement des pièces formant son armature », ajoutant ceci : « il est à craindre qu’on ne puisse aisément en suivre le jeu dans une exécution au concert. »
David Bismuth a, dans cet enregistrement, relevé le défi.
La Sonate est admirablement construite et « l’engagement » du pianiste, dès le premier mouvement, nous entraîne d’une manière irrésistible.
C’est pour la Sonate de Dukas (quelles que soient les qualités manifestées avec la musique de Debussy) qu’il faut retenir cet enregistrement.
Jean Roy |